Les archives de l’époque sont irrésistibles : des journalistes qui expliquent Internet à des passants qui n’en ont jamais entendu parler, et qui répondent poliment.
Les archives de l’époque sont irrésistibles : des journalistes qui expliquent Internet à des passants qui n’en ont jamais entendu parler, et qui répondent poliment.
Au milieu de la décennie, le web est encore une curiosité qu’on montre au journal télévisé comme on montrerait une invention de salon.
Un vocabulaire à inventer
Il fallait tout nommer. Site, page, adresse, naviguer, surfer. Les reportages hésitaient, employaient des métaphores maritimes, et prenaient trente secondes pour dicter une adresse à l’écran.
Les présentateurs prononçaient double vé double vé double vé avec une application touchante.
La France en retard, et pour une bonne raison
Le pays disposait déjà du Minitel, qui rendait beaucoup de services que le web promettait. L’urgence était donc moins forte qu’ailleurs.
Ce confort a coûté quelques années d’avance. Il explique aussi pourquoi le basculement, quand il est venu, a été aussi brutal.
Le moment, en pratique
- Période
- milieu des années 90
- Traitement médiatique
- le micro-trottoir
- Prononciation courante
- double vé double vé double vé
- Frein français
- le Minitel, déjà installé
- Bascule réelle
- à partir de 1998 et 1999
Les petits détails qui restent
- Les adresses étaient dictées lettre par lettre à l’antenne, avec le mot arobase épelé pour ceux qui ne connaissaient pas le symbole.
- On parlait d’autoroutes de l’information, une expression officielle largement employée dans la presse française.
- Ces reportages sont aujourd’hui parmi les archives les plus partagées, parce qu’ils montrent une époque qui ne se doutait de rien.
On remet les images ?
Des documents à regarder chez leurs diffuseurs. L’année indiquée correspond au repère de l’archive, pas à sa mise en ligne.
Sources et repères
Les archives liées ci-dessus et les crédits photographiques donnent accès aux documents présentés. Ce texte mêle repères et évocation des usages : les souvenirs racontés ne décrivent pas toutes les enfances.
Une date à préciser, un modèle à identifier, une archive à proposer ? Écris à RETOUR90. La mémoire collective gagne à être discutée.
Et toi, tu te rappelles ?
Le premier souvenir qui te revient, ce serait lequel ? Un détail, un lieu, une personne : raconte-le au Club.



