Le magnétoscope a fait quelque chose d’énorme et qu’on a oublié : il a rendu la télévision désobéissante. Avant lui, on regardait quand la chaîne décidait.
Le magnétoscope a fait quelque chose d’énorme et qu’on a oublié : il a rendu la télévision désobéissante. Avant lui, on regardait quand la chaîne décidait.
Avec lui, on enregistrait, on gardait, on revoyait. Le programme du samedi soir pouvait devenir le mercredi après-midi.
La programmation, ce sport de haut niveau
Régler un enregistrement demandait de comprendre une notice, de connaître l’heure exacte et de croire très fort. On ratait le début, on coupait la fin, on enregistrait la chaîne d’à côté.
Le ShowView, ce code numérique publié dans les magazines de télévision, était censé tout simplifier. Il a surtout ajouté une occasion supplémentaire de se tromper.
La bande, cet objet vivant
Une cassette VHS s’usait. Elle sautait, elle neigeait, elle finissait par avaler la bande. On rembobinait avec un crayon, on nettoyait les têtes avec une cassette prévue pour ça.
Et il y avait la règle sacrée du vidéoclub, imprimée sur l’étiquette : merci de rembobiner. Personne ne le faisait, tout le monde s’en plaignait.
L’appareil, en pratique
- Format dominant
- VHS, victorieux du Betamax
- Durée d’une cassette
- 180 minutes en standard, 240 en longue durée
- Qualité en longue durée
- discutable, mais on acceptait
- Horloge
- clignotant sur 00:00 dans la moitié des foyers
- Règle non écrite
- rembobiner avant de rendre
Les petits détails qui restent
- La cassette de mariage ou de communion était systématiquement enregistrée en longue durée, ce qui explique la qualité douteuse des archives familiales.
- On effaçait par-dessus une vieille cassette pour économiser, et on retrouvait vingt ans plus tard trois minutes du film précédent à la fin de la bande.
- Le compteur à quatre chiffres servait de sommaire. On notait les positions au stylo sur la jaquette.
- Programmer un enregistrement demandait de comprendre le ShowView, un code numérique publié dans les programmes télé. Peu y sont arrivés du premier coup.
Sources et repères
Les archives liées ci-dessus et les crédits photographiques donnent accès aux documents présentés. Ce texte mêle repères et évocation des usages : les souvenirs racontés ne décrivent pas toutes les enfances.
Une date à préciser, un modèle à identifier, une archive à proposer ? Écris à RETOUR90. La mémoire collective gagne à être discutée.
Et toi, tu te rappelles ?
Le premier souvenir qui te revient, ce serait lequel ? Un détail, un lieu, une personne : raconte-le au Club.



