Le plus vieux jeu de la cour, et le seul qui ait traversé toute la décennie sans jamais être à la mode ni jamais disparaître.
Le plus vieux jeu de la cour, et le seul qui ait traversé toute la décennie sans jamais être à la mode ni jamais disparaître.
Une bille se gagne, se perd, se troque. Un sac en tissu, un creux dans la terre, et une partie commence.
La monnaie de la cour
La bille ordinaire valait une unité. L’œil-de-chat en valait deux. Le boulard, plus gros, en valait cinq ou dix selon l’humeur du marché.
Certains arrivaient à l’école avec un sac lourd et repartaient les poches vides. D’autres faisaient fortune. Le tout sans qu’aucun adulte ne comprenne jamais le système de change.
Les jeux, les vrais
Le pot, où il fallait faire entrer sa bille dans un trou. La poursuite, où on tirait sur la bille de l’autre. Le triangle tracé à la craie, où l’on plaçait sa mise.
Chaque école avait ses variantes, ses règles maison et son arbitre officieux. Personne ne les avait écrites, tout le monde les connaissait.
Le trésor, en pratique
- Contenant
- un sac en tissu, cordon coulissant
- Unité de base
- la bille en verre ordinaire
- Valeur haute
- le boulard, ou l’œil-de-chat
- Terrain
- un creux dans la terre, un triangle à la craie
- Arbitrage
- coutumier, et discuté
Les petits détails qui restent
- Les billes en agate, plus lourdes et plus régulières, étaient jugées déloyales dans beaucoup d’écoles.
- Le sac de billes se cachait avant de rentrer à la maison quand la journée avait mal tourné.
- C’est l’un des rares jeux d’argent tolérés par les adultes, à condition que personne ne prononce le mot argent.
- La hiérarchie complète allait de la bille simple à l’œil-de-chat, puis l’agate, le calot et enfin le boulard. Chaque école avait son propre taux de change.
On remet les images ?
Des documents à regarder chez leurs diffuseurs. L’année indiquée correspond au repère de l’archive, pas à sa mise en ligne.
Sources et repères
Les archives liées ci-dessus et les crédits photographiques donnent accès aux documents présentés. Ce texte mêle repères et évocation des usages : les souvenirs racontés ne décrivent pas toutes les enfances.
Une date à préciser, un modèle à identifier, une archive à proposer ? Écris à RETOUR90. La mémoire collective gagne à être discutée.
Et toi, tu te rappelles ?
Le premier souvenir qui te revient, ce serait lequel ? Un détail, un lieu, une personne : raconte-le au Club.



