Pour beaucoup, c’est le premier téléphone portable. Et il est difficile de faire plus fin de siècle que ça.
Pour beaucoup, c’est le premier téléphone portable. Et il est difficile de faire plus fin de siècle que ça.
Nokia le présente le 18 mars 1999 au CeBIT, et le commercialise dans la foulée. Il arrive en France la même année, au moment précis où le portable cesse d’être un truc de commercial en costume pour devenir un objet du quotidien. La presse française l’affiche à partir de 1 690 francs.
La France découvre le portable
Le calendrier est parfait. Fin 1998, la France compte environ onze millions d’abonnés mobiles. Un an plus tard, on dépasse les vingt millions.
Itinéris, SFR et Bouygues Telecom se livrent une bataille féroce, les forfaits subventionnés débarquent partout, et soudain avoir son propre portable devient presque normal. C’est au milieu de tout ça qu’arrive le 3210.
Pourquoi il paraissait si moderne
D’abord, plus d’antenne qui dépasse. Ça semble dérisoire aujourd’hui, mais en 1999 c’était de la science-fiction. Le 3210 est l’un des premiers appareils grand public à généraliser l’antenne entièrement intégrée.
Ensuite, les coques Xpress-on interchangeables. Ton téléphone pouvait être gris très sérieux le lundi et bleu électrique douteux le samedi. Le portable devenait un accessoire personnel, presque un vêtement.
Et surtout, il y avait Snake. Pas d’App Store, pas de 5G, pas de réseau social. Un serpent de quelques pixels, et une capacité absolument phénoménale à faire disparaître quarante minutes.
L’appareil embarquait aussi Memory et Rotation, le T9 pour écrire les SMS, un éditeur pour composer ses propres sonneries monophoniques, et même l’envoi de petits dessins par message.
Ses adversaires de 1999
Les rayons étaient loin d’être vides : Ericsson T28s, Siemens C25 et S25, Motorola V3688, Alcatel One Touch Easy, Sagem, Philips.
Le Motorola V3688 jouait la carte du mini téléphone très haut de gamme, quatre-vingt-trois grammes contre cent cinquante et un pour le Nokia, mais annoncé autour de 5 490 francs. Le 3210 était bien plus accessible, et surtout bien plus amusant.
C’est probablement là que Nokia a gagné. Le 3210 n’était pas seulement un appareil pour téléphoner : c’était un téléphone qu’on avait envie de posséder.
Le chiffre complètement fou
Environ cent soixante millions de Nokia 3210 ont été vendus dans le monde.
Le plus drôle, c’est qu’il en aurait donc écoulé davantage que le mythique 3310, crédité d’environ cent vingt-six millions d’exemplaires. Le 3310 a gagné la bataille des mèmes. Le 3210 avait gagné celle des ventes.
Quelques souvenirs très 3210
- Écran
- monochrome, 84 × 48 pixels
- Poids
- 151 grammes
- Appareil photo
- absolument pas
- Internet
- absolument pas non plus
- GPS
- on te laisse rire
- Réseaux sociaux
- aller sonner chez les gens
- Notifications
- quelqu’un t’appelait
- Autonomie annoncée
- jusqu’à 260 heures en veille
Les petits détails qui restent
- Snake se jouait avec les touches 2, 4, 6 et 8. Le record du lycée valait une réputation durable.
- Réussir à taper un SMS en T9 sans regarder le clavier était officiellement une compétence technologique de très haut niveau.
- Les coques interchangeables ont créé tout un marché de contrefaçons sur les marchés du samedi matin.
- Le 3210 est probablement l’instant où le téléphone est passé de l’outil de communication à l’objet personnel. Design, personnalisation, jeux, messages, sonneries : tout ce qui allait définir notre relation au téléphone était déjà là, en miniature.
On remet les images ?
Des documents à regarder chez leurs diffuseurs. L’année indiquée correspond au repère de l’archive, pas à sa mise en ligne.
Sources et repères
Les archives liées ci-dessus et les crédits photographiques donnent accès aux documents présentés. Ce texte mêle repères et évocation des usages : les souvenirs racontés ne décrivent pas toutes les enfances.
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Et toi, tu te rappelles ?
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